Médicaments anticholinergiques versus thérapies actives non médicamenteuses pour le syndrome non-neurogène de la vessie hyperactive chez l'adulte

Catégorie Systematic review
JournalThe Cochrane database of systematic reviews
Year 2012
CONTEXTE: Le syndrome de la vessie hyperactive est défini comme un besoin urgent d'uriner avec ou sans incontinence d'urgence, habituellement avec pollakiurie et nycturie. La pharmacothérapie avec des médicaments anticholinergiques est souvent le traitement médical de première ligne, seul ou en complément de diverses thérapies non-pharmacologiques, après qu'aient été essayées des options conservatrices telles que la réduction de la consommation de boissons caféinées. Les thérapies non pharmacologiques comprennent la rééducation de la vessie, le renforcement des muscles du plancher pelvien avec ou sans biofeedback, la modification des comportements, la stimulation électrique et les interventions chirurgicales. OBJECTIFS: Comparer les médicaments anticholinergiques à diverses thérapies non pharmacologiques pour le syndrome non-neurogène de la vessie hyperactive chez l'adulte. STRATÉGIE DE RECHERCHE DOCUMENTAIRE: Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur l’incontinence (recherche effectuée le 4 septembre 2012), qui comprend des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) et MEDLINE, ainsi que les références bibliographiques d’articles pertinents. CRITÈRES DE SÉLECTION: Tout essai contrôlé randomisé ou quasi-randomisé de traitement au moyen de médicaments anticholinergiques pour le syndrome de la vessie hyperactive ou l'incontinence urinaire d'urgence chez l'adulte dont au moins un groupe de prise en charge impliquait une thérapie non médicamenteuse. Les essais portant sur des patients atteints de dysfonction vésicale neurogène ont été exclus. RECUEIL ET ANALYSE DES DONNÉES: Deux auteurs ont évalué les essais en termes d'éligibilité à l'inclusion et de risque de biais. Deux auteurs ont participé à l'extraction des données. L'extraction des données était basée sur des critères prédéterminés. L'analyse des données était basée sur les approches statistiques classiques utilisées dans les revues Cochrane. RÉSULTATS PRINCIPAUX: Vingt-trois essais totalisant 3685 participants ont été inclus, l'un était un essai croisé et les 22 autres étaient des essais en groupes parallèles. La durée de suivi variait de deux à 52 semaines. Les essais étaient généralement de petite taille et de mauvaise qualité méthodologique.Pendant le traitement, dans sept petits essais, une amélioration des symptômes était plus fréquente chez les participants sous médicaments anticholinergiques que chez ceux effectuant une rééducation de la vessie (73/174, 42% versus 98/172, 57 % sans amélioration : risque relatif 0,74 ; intervalle de confiance à 95 % 0,61 à 0,91). Dans trois petits essais, l'ajout d'anticholinergiques à la rééducation vésicale était également associé à plus d'amélioration que la seule rééducation vésicale (23/85, 27% ​​versus 37/79, 47% sans amélioration : risque relatif 0,57 ; intervalle de confiance à 95 % 0,38 à 0,88). Il fut cependant moins évident de déterminer, dans trois essais, si un anticholinergique combiné à une rééducation de la vessie avait été supérieure au seul anticholinergique (par exemple 74/296, 25% versus 95/306, 31% sans amélioration : risque relatif 0,80 ; intervalle de confiance à 95% 0,62 à 1,04). Les autres informations comparatives sur le seul anticholinergique versus la combinaison de stratégies de modification du comportement avec un anticholinergique étaient rares et peu concluantes. De même, il n'était pas clair si ces stratégies complexes seules étaient supérieures aux anticholinergiques seuls.Dans cette revue, sept petits essais ont été identifiés qui avaient comparé un anticholinergique à divers types de modalités de stimulation électrique telles que la stimulation électrique intravaginale, la stimulation nerveuse électrique transcutanée, la neuromodulation SANS (Stoller Afferent Nerve Stimulation System) et la stimulation percutanée du nerf tibial postérieur. Les taux d'amélioration subjective tendent à favoriser, dans trois petits essais, le groupe de stimulation électrique (pas d'amélioration chez 54 % avec l'anticholinergique versus 28/86, 33 % avec la stimulation électrique : risque relatif 0,64 ; intervalle de confiance à 95 % 1,15 à 2,34). Ce n'était cependant statistiquement significatif que pour un seul type de stimulation, la stimulation percutanée du nerf tibial postérieur (risque relatif 2,21 ; intervalle de confiance à 95% 1,13 à 4,33), et n'était pas étayé par des différences significatives au niveau de l'amélioration, de la fréquence urinaire, de l'urgence, de la nycturie, des épisodes d'incontinence ou de la qualité de vie.Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés pour les anticholinergiques était la sècheresse buccale, même si cela n'entrainait pas nécessairement l'arrêt du traitement. Pour toutes les comparaisons, il y avait trop peu de données pour pouvoir comparer les symptômes ou les effets secondaires après la fin du traitement. Il est toutefois peu probable que les effets des anticholinergiques persistent après l'arrêt du traitement. CONCLUSIONS DES AUTEURS: La supériorité des médicaments anticholinergiques par rapport au placebo dans le traitement du syndrome de la vessie hyperactive est bien établie. Pendant le traitement initial du syndrome de la vessie hyperactive il n'y avait une plus grande amélioration symptomatique lorsque (a) les anticholinergiques étaient comparés à la seule rééducation de la vessie, et (b) les anticholinergiques associés à la rééducation de la vessie étaient comparés à la seule rééducation de la vessie. Des preuves limitées issues de petits essais pourraient laisser penser que la stimulation électrique est une meilleure option chez les patients qui sont réfractaires au traitement anticholinergique mais, pour établir cela, on a besoin de plus de données sur la comparaison de différents types d'électrostimulation aux types d'anticholinergiques les plus efficaces. Ces résultats doivent être considérés avec prudence compte tenu des différentes classes et des doses variables d'anticholinergiques utilisés dans cette revue. Les anticholinergiques avaient des effets secondaires clairement reconnus tels que la sécheresse buccale.
Epistemonikos ID: 9e83429c09e4c6d4d66636ed94ee35005bf5f060
First added on: Dec 22, 2012